De retour de vacances, j’ai pris connaissance avec satisfaction des premiers éléments de bilan des animations et des travaux de l’été à Nogent sur Oise :

-         les séjours de vacances ont fait le plein, le dernier à Tence en Haute Loire est parti vendredi dernier avec les 15 enfants inscrits

-         la fréquentation des centres de loisirs et Anim Ados a battu tous les records: un pic de 149 bambins accueillis le 17 juillet au centre des Côteaux ; 178 enfants  le 16 juillet au centre Berthelot et une moyenne de 74 ados accueillis journellement. A ce jour, le mois d’Août confirme ces bons résultats.

-         L’opération « Nogent à la mer », expérimentée pour la première fois cette année, a permis à ce jour à 990 Nogentais de découvrir la Baie de Somme et son littoral. Les 23 et 30 août prochains, ce sont 440 personnes supplémentaires réparties dans 8 bus qui bénéficieront à leur tour de cette sortie familiale et conviviale. Rappelons que cette année – statistique significative -  46% des Français ne sont pas partis en vacances, faute de moyens financiers notamment, et que des millions d’enfants n’ont ainsi pas la chance de pouvoir faire marcher la « fabrique à souvenirs de vacances ».

-         La prochaine séance de cinéma plein air aura lieu ce vendredi 24 août au Parc Hébert, elle s’annonce étoilée et hilarante.

-         De nombreux travaux de rénovation et d’embellissement ont eu lieu dans les groupes scolaires et les grands projets poursuivent leur avancée : la crèche et le nouveau restaurant scolaire dans le quartier Carnot sont maintenant sortis de terre, et le Centre d’Affaires et d’Innovation Sociale du Sarcus , après démolition et nettoyage, commence son opération d’extension-réhabilitation.

réfection de l'entrée de l'école maternelle Carnot en cours           aménagement de l'avenue de l'Europe

 

 

 

 

Ces projets et ces actions touchent à la vie quotidienne des Nogentais mais ne semblent pas éveiller l’intérêt des observateurs privilégiés de la vie locale que sont les journalistes ! Pourquoi ?

Chacun l’a compris. En ces mois de juillet et août, l’actualité fonctionne au ralenti. Les rédactions , en mal de sujets qui attirent les lecteurs et boostent les ventes, préfèrent chasser le sensationnel, l’insolite, le polémique …quitte parfois à les fabriquer de toutes pièces afin de créer, comme l’on dit maintenant,  le « buzz » sur le sujet artificiellement mis en lumière.

C’est ainsi – premier cas de figure – que nous avons eu droit, le 18 juillet, à une pleine page départementale du Parisien sur la fermeture imminente de la boucherie dite « traditionnelle » des 3 Rois, dont les gérants s’affirment victimes d’une insécurité récurrente et ciblée. Pour information, l’une des dégradations évoquées ayant abouti à une porte en verre brisée était le fait d’un jeune adolescent se prenant pour le footballeur argentin Messi et ayant décoché un tir tendu qui a eu pour effet, certes regrettable, de briser une vitrine mais qui ne relevait en aucun cas d’un geste prémédité. Qui, dans sa jeunesse, n’a pas fait de bêtise avec un ballon ?  Sitôt connu, cet incident a donné lieu à une intervention rapide des services techniques de la Ville et le jeune en question a été reçu dans les jours qui ont suivi par le maire qui lui a fait un ferme rappel à la loi et prévenu toute tentative de récidive. Ce type d’incident  a, semble-t-il, suffi à nos deux gérants pour évoquer un climat d’insécurité digne des quartiers les plus chauds des métropoles les plus criminelles . Bigre ! Etonnant- voire curieux- quand on sait que les autres commerçants présents sur la place, eux, ne se plaignent pas d’insécurité. Il suffit de les questionner pour en avoir le cœur net. Alors ne s’agit-il pas plutôt d’un prétexte plutôt qu’une présentation objective de la réalité ?

De plus, on ne manque pas de s’interroger sur l’intérêt à faire de telles déclarations publiques,  en souhaitant dans le même temps vendre au prix le plus fort le fonds de commerce ainsi décrié et dévalué ! Il doit sans doute s’agir d’une nouvelle méthode de marketing … révolutionnaire et mystérieuse … qui a soudainement illuminé nos deux gérants.

Voilà donc 2 ingrédients réunis, l’insécurité et le commerce de proximité, sujets sérieux et sensibles qui n’ont pas échappé à la sagacité de notre journaliste ! Mais, à ce stade, le sujet ne semble pas suffisamment alléchant . Aussi s’empresse-t-on d’y ajouter, sur la base de l’expression de la simple « conviction » d’un élu d’opposition , qu’une « boucherie halal  pourrait la remplacer ». La conviction (ou plutôt l’affabulation) de cet élu d’opposition aigri et revanchard, à l’origine de cette manipulation – habilement agrémenté d’un conditionnel de prudence - acquiert ainsi quasiment et instantanément le statut d’une information réelle et s’affiche comme telle dans le sous-titre de l’article de notre professionnelle de l’information. Sachant qu’à cette époque  nous nous situions à quelques jours du début du mois sacré du ramadan pour les musulmans, la « sauce » ainsi amalgamée fait apparaître l’objectif poursuivi : réveiller les fantasmes issus de la campagne présidentielle sur de vrais sujets (qui méritent des vraies réponses et non pas des caricatures d’articles) comme la consommation halal, l’abbattage rituel et l’islamisation croissante de la société française.

Si après tout cela on n’arrive pas à vendre un peu plus de journaux, c’est à n’y rien comprendre, non ?

Un mois plus tard, le 21 août, un confrère de notre professionnelle revient sur le sujet. Il nous apprend que le « boucher en colère » se lance dans une nouvelle aventure et qu’il inaugure dans la ZAC de St Maximin  une halle aux produits frais qui doit ouvrir «  d’ici au début de l’année » et que « dès que ça ouvre à St Maximin, je commence à fermer Nogent, acquéreur ou pas ! » ( là encore, la fameuse et mystérieuse méthode marketing …. Il suffira donc, pour un successeur éventuellement intéressé par ce local commercial d’attendre et de faire affaire directement avec le propriétaire des murs sans rachat du fonds ! ? )

Ainsi donc, entre le 18 juillet et le 21 août, le Parisien a perdu de la matière et ne craint pas de se contredire :

1        - on ne compte plus en jours, mais en semaines et en mois ; l’échéance est repoussée au début de l’année prochaine

2        - la fausse information d’une boucherie halal en lieu et place de la boucherie traditionnelle a purement et simplement disparu et n’est plus relayée par quiconque

Pour le dire avec humour : on ne parle plus de boucherie halal mais de la halle du boucher !

Deuxième cas de figure : l’article paru dans Oise Hebdo du 15 août, relatif à l’élue municipale Betina Bouchibi, ou comment la presse relaie complaisamment une tentative de transformer des conflits privés entre personnes en un règlement de compte politique contre le Maire.

Une page entière consacrée à ce seul sujet, issu de chamailleries et de conflits de sentiment et d’argent entre individus qui, il y a peu, s’entendaient comme larrons en foire !

Donneurs de leçons improbables qui feraient mieux de balayer devant leur porte et mettre en cohérence leurs paroles et leurs actes !

Eternels grincheux insatisfaits, incapables de se mettre au travail au service d’une équipe et d’une action collective au service de la population !

Certes, le journaliste a l’entière liberté du ton, des modalités de traitement et des sources d’information des sujets qu’il choisit de traiter, mais est-il nécessaire pour autant de porter atteinte à la véracité des faits et tordre la réalité pour qu’elle aille dans le sens du propos développé ?

C’est pourtant le pas que franchit allègrement notre localier quand il ne craint pas d’affirmer : « … certes les pouvoirs de Bétina Bouchibi dont le maire a bénéficié …ont été jusqu’à présent précieux, surtout lorsque guette l’incertitude du résultat comme lors du retrait de la commission de Djamel Benkherouf. Le vote du conseil avait à l’époque donné tort au maire…. » Cette dernière affirmation constitue une contrevérité flagrante !!!!! Elle a d’ailleurs depuis été corrigée dans l’édition du mercredi suivant .

Bref, encore une fausse information et de nouveau un certain Djamel Benkherouf en cause !

Pour le dire avec humour : là où Benkherouf passe, la vérité trépasse !!! Il n’y aura bientôt plus que la profession de journaliste pour prendre ce qu’il dit pour argent comptant !

Enfin -troisième cas de figure- chacun a encore en mémoire les commentaires désobligeants et les photos de mariage en grand format,  publiées à l’insu de Bochra Coste et de son mari, dont le témoin était l’artiste Abd Al Malik.

Quelle conclusion peut-on tirer de tout cela ?

Que l’action publique locale ne peut en aucun cas se concevoir à l’aune des pratiques de la presse locale ; que cette même presse locale gagnerait à s’inspirer davantage des règles déontologiques édictées par la profession, à l’image de celles contenues dans la Charte de Munich de 1971, élaborée par le grand journaliste que fut Paul Parisot, qui rappelle les droits mais aussi les devoirs de la profession. En voici quelques uns, repris in extenso  :

-         Respecter la vérité, qu’elles qu’en puissent être les conséquences pour le journaliste, en raison du droit que le public a de connaître la vérité

-         Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies ou des documents

-         S’obliger à respecter la vie privée des personnes

-         Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte

 

Puisse l’esprit de Paul Parisot souffler dans les rédactions et dans les écoles de journalisme !